La question tombe presque toujours la veille au soir, vers 22 heures. « Mon vol est à 6h20, vous me prenez à quelle heure ? » Et quand on répond 3h35, il y a souvent un silence au bout du fil.
Le temps de trajet Saint-Exupéry, c’est le calcul que tout le monde fait de travers dans l’Est lyonnais, précisément parce qu’on est près de l’aéroport. Genas est à un quart d’heure de la piste. Meyzieu aussi. Du coup on se dit qu’on a le temps, et on oublie tout ce qui vient s’ajouter au trajet lui-même.
On calcule à l’envers
Le réflexe naturel, c’est de partir de l’heure du réveil. Ça ne marche pas. Il faut partir de l’heure du vol et remonter, étape par étape.
L’aéroport recommande d’être sur place 2 heures à 2h30 avant le départ pour l’Europe, 3 heures pour le reste du monde. Ce n’est pas une précaution excessive de leur part, c’est le temps réellement nécessaire un matin chargé, entre la dépose des bagages et le contrôle de sûreté.
Ensuite il faut rejoindre le terminal, ce qui prend entre 3 et 12 minutes de marche selon l’endroit où le véhicule vous laisse. Puis vient le trajet. Et enfin, tout en bas de la liste, la marge pour les imprévus.
C’est toujours cette dernière ligne que les gens rayent. C’est aussi la seule qui sert vraiment le jour où le portail du parking résidentiel refuse de s’ouvrir.
Depuis chez vous, ça donne quoi
Voilà ce qu’on constate au quotidien, avec la réserve d’usage : ce sont des moyennes, pas des garanties.
| Départ | Heures creuses | Heures de pointe |
|---|---|---|
| Genas | 15 à 20 min | 25 à 30 min |
| Chassieu | 15 à 20 min | 25 à 35 min |
| Meyzieu | 15 à 20 min | 25 à 30 min |
| Saint-Priest | 20 à 25 min | 30 à 40 min |
| Décines-Charpieu | 20 à 25 min | 30 à 40 min |
| Bron | 25 à 30 min | 35 à 45 min |
| Lyon centre | 30 à 40 min | 45 à 60 min |
Ces durées valent pour un trajet qui va d’un point A à un point B, sans rien d’autre. Elles ne comptent pas le chargement de trois valises et d’une poussette, ni le détour pour récupérer votre belle-sœur à l’autre bout de la commune, ni les cinq minutes passées à chercher le bon bâtiment dans une résidence où l’éclairage extérieur est en panne depuis février.
Les heures où ça coince
Le matin, entre 7 heures et 9 heures, la rocade Est et l’A43 absorbent tout le trafic domicile-travail de l’agglomération. Un trajet de vingt minutes peut passer à quarante sans qu’il y ait eu le moindre incident. Le soir c’est pareil dans l’autre sens, à partir de 16h30 environ.
Ce qui frappe, quand on fait ce métier, c’est le contraste avec les départs de nuit. À 4 heures du matin les routes sont vides et le trajet est plus rapide qu’à n’importe quel autre moment de la journée. Sauf qu’à cette heure-là, plus rien ne circule à part nous.
Les vols du petit matin, c’est là que ça se complique
Le Rhônexpress démarre à 4h25 depuis Part-Dieu, avec deux autres points de montée à Vaulx-en-Velin La Soie et Meyzieu ZI, et il faut compter une trentaine de minutes depuis Part-Dieu. Sur le papier, ça résout beaucoup de situations.
Sauf que le problème n’est pas là. Il est avant. À 4 heures du matin le métro ne roule pas encore, donc pour attraper cette première rame il faut déjà trouver un moyen d’arriver à la station. On a simplement déplacé la question d’un cran.
Et puis 4h25 au départ de Part-Dieu, ça convient pour un vol de 7h30. Pour un vol à 6h20, où l’aéroport vous veut sur place à 4h20, c’est déjà trop tard.
En pratique, pour tout ce qui décolle avant 8 heures, un transfert porte à porte reste la seule solution qui tienne debout, surtout depuis les communes qui ne sont pas sur la ligne.
Le terminal, ce détail qui n’en est pas un
Saint-Exupéry a deux terminaux, et une règle qu’il vaut mieux connaître avant : une fois les contrôles de sûreté franchis, on ne peut plus passer de l’un à l’autre.
Le Terminal 1 concentre les vols internationaux et les long-courriers, le Terminal 2 accueille plutôt le low-cost et les vols courts. Une navette gratuite fait la liaison en quelques minutes, et il existe un cheminement couvert pour ceux qui préfèrent marcher, en comptant un bon quart d’heure.
Depuis le dépose-minute du Terminal 2, il faut 3 minutes pour rejoindre le T2 et une dizaine pour rejoindre le T1. Écrit comme ça, ça semble anodin. Un matin où vous êtes déjà en retard, dix minutes de marche avec une valise, ça compte.
Regardez votre carte d’embarquement la veille et dites-nous le terminal au moment de réserver. C’est deux secondes au téléphone et ça évite de discuter de ça sur place à 4 heures du matin.
Pour ceux qui se font déposer par un proche plutôt que par un taxi : les parkings minute sont gratuits les dix premières minutes. Après, ça tourne.
Compteur ou forfait
Sur un trajet vers l’aéroport, la question du tarif ne se pose pas comme en ville.
Au compteur, le montant dépend de ce qui se passe sur la route. Un bouchon sur la rocade se paie deux fois, en énervement et en euros. Avec un forfait convenu à la réservation, vous savez ce que vous allez payer avant de monter, embouteillage ou pas.
Il y a un autre avantage, moins évident. Un créneau réservé la veille pour 3h30 du matin, c’est un chauffeur qui a mis son réveil pour vous. Ce n’est pas la même chose que d’ouvrir une application à l’aube en croisant les doigts.
Et le retour
L’aller, tout le monde le prépare. Le retour, presque personne, et c’est souvent là que la fin de voyage se gâte.
Le dernier Rhônexpress quitte l’aéroport autour de minuit. Un vol qui se pose à 00h30 laisse donc pas mal de monde sur le carreau, avec des correspondances métro terminées depuis un moment.
Si vous rentrez le soir, donnez-nous votre numéro de vol quand vous réservez. Ça nous permet de suivre le retard réel au lieu de l’horaire théorique, et de ne pas vous facturer une attente que vous ne pouvez pas contrôler. Prévoyez aussi large sur le délai entre l’atterrissage et le moment où vous sortez : entre le roulage, le débarquement et les bagages, trois quarts d’heure passent vite.
Un exemple, c’est plus parlant
Vol Genas-Lisbonne à 6h20, une valise en soute, Terminal 1.
L’aéroport vous veut sur place à 4h20. Comptez dix minutes entre la dépose et le terminal, donc arrivée sur la plateforme à 4h10. Le trajet depuis Genas à cette heure-là prend vingt minutes, sur des routes désertes. Ajoutez un quart d’heure pour charger et pour ce qui n’était pas prévu.
Départ de chez vous : 3h35.
Personne n’aime ce chiffre. Mais mieux vaut le découvrir quinze jours avant que la veille à 22 heures.
AB Taxi assure les transferts vers Saint-Exupéry depuis tout l’Est lyonnais, à n’importe quelle heure, avec un forfait annoncé au moment de la réservation. Pour un départ avant 5 heures, appelez Brahim au 06 67 91 92 19 quelques jours à l’avance : en période de vacances scolaires, ces créneaux-là partent en premier.